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Prévention des chutes : lancement d’un grand plan gouvernemental

— Publié le 5 avril 2022

Prévention des chutes : lancement d’un grand plan gouvernemental

En février 2022, Olivier Véran, Ministre des Solidarités et de la Santé, et Brigitte Bourguignon, Ministre déléguée chargée de l’Autonomie, ont lancé un plan national sur trois ans pour lutter contre les chutes des personnes âgées. Silver Alliance fait le point sur les grands axes de ce plan et présente les solutions existantes en matière de prévention des chutes à domicile.

Un plan antichute en cinq axes

Ce plan national a pour objectif de réduire de 20 % les chutes mortelles ou invalidantes des personnes de 65 ans et plus d’ici 2024. Une carte géolocalisée sera, par ailleurs, créée pour que les bénéficiaires, professionnels ou aidants puissent trouver des services près de leur domicile. Le plan national antichute dévoilé par le gouvernement s’articule autour de cinq grands axes.

1) Savoir repérer les risques de chutes et alerter

Ce premier axe vise à sensibiliser l’entourage des personnes âgées – aidants familiaux, professionnels de santé – aux signes avant-coureurs des chutes. En effet, l’origine d’une chute est souvent liée à un problème de santé qui isole les seniors de leur environnement. Il peut s’agir d’un problème de vue et de troubles de l’audition qui empêchent parfois les seniors de détecter les obstacles à temps. Sans oublier la dénutrition qui affaiblit le senior, fragilise ses os et augmente les risques d’étourdissement.

2 types de chuteurs

Face à ces dangers, il est indispensable de favoriser la prévention santé des personnes âgées. Silver Alliance référence des professionnels de santé spécialistes des problématiques seniors. Citons par exemple LOVIS et son équipe de gérodontistes à domicile, ou encore Giphar, un réseau de pharmaciens de proximité au service des personnes âgées.

2) Aménager son logement pour éviter les risques de chutes 

Une large majorité de Français souhaitent rester vivre à domicile le plus longtemps possible. Le gouvernement souhaite ainsi accompagner ce « virage domiciliaire » de la société. Pour ce faire, il est indispensable que les logements des seniors soient adaptés à leurs besoins. Par exemple : installation d’une douche accessible et sécurisée, pose d’un revêtement anti-dérapant au sol, achat d’équipements ergonomiques pour la cuisine

Pour détecter au mieux les changements à mettre en place, les seniors peuvent faire appel à des spécialistes de l’aménagement du logement. Les experts ALOGIA Groupe se déplacent au domicile des personnes âgées pour effectuer des diagnostics ergothérapiques de prévention. Bien sûr, ces travaux d’adaptation ont souvent un coût élevé pour les seniors. Le gouvernement compte donc lancer une nouvelle aide financière : « Ma Prime Adapt ». Sur le même principe que « Ma Prime Renov », son montant sera défini en fonction des revenus du bénéficiaire.

3) Des aides techniques à la mobilité faites pour tous

Les aides techniques à la mobilité regroupent l’ensemble des outils pouvant aider le senior à conserver sa liberté de mouvement. Qui dit aides techniques, dit prévention des chutes. En effet, ces aides permettent de se déplacer librement et sans danger. À noter qu’elles ne se limitent pas aux fauteuils roulants, aux cannes et aux déambulateurs, loin de là.

Elles comportent aussi des équipements innovants comme les monte-escaliers, les rampes PMR, les tapis de marche à domicile ou encore les lits médicalisés qui facilitent le lever et le coucher en toute autonomie.

Le gouvernement compte proposer aux seniors un accompagnement au bon choix et au bon usage d’aides techniques à la mobilité 100 % remboursées. Cet accompagnement sera personnalisé pour les personnes en rééducation post-hospitalisation.

4) L’activité physique, meilleure arme antichute 

La pratique d’une activité physique adaptée (APA) est essentielle dans la prévention des chutes. Elle permet de conserver une bonne masse musculaire et de rester actif. Danse, yoga ou encore marche sportive… les choix ne manquent pas pour les seniors. Le sport est l’axe d’action principal du plan du gouvernement. Les Maisons Sport-Santé, les collectivités et, en premier lieu, les centres communaux d’action sociale (CCAS) seront chargés d’informer les seniors sur les sports accessibles et de les aider à s’inscrire à des séances.

5) Prévention des chutes : la téléassistance pour tous

On appelle téléassistance l’ensemble des équipements permettant aux seniors de prévenir facilement des conseillers joignables 24h/24. La téléassistance se révèle particulièrement utile en cas de chute. Il s’agit, la plupart de temps, d’objets connectés à porter sur soi, qui s’actionnent facilement et rapidement. Le plus connu est le bracelet détecteur de chute muni d’un simple bouton et relié à un boîtier connecté.

La téléassistance constitue un élément indispensable du maintien à domicile des personnes âgées. Le gouvernement a l’intention de lancer des études sur le sujet. Il souhaite également réduire le reste à charge pour les bénéficiaires. Cela passera par un travail commun avec les commanditaires publics, à commencer par les conseils départementaux.

Les chutes des personnes âgées, un basculement vers la perte d’autonomie

Chaque année, en France, on compte plus de 100 000 hospitalisations suite à une chute et plus de 10 000 décès. Au-delà des risques pour la santé des seniors, les chutes sont souvent le début d’un engrenage. En effet, suite à cet accident, la personne âgée risque d’être diminuée dans ses mouvements. C’est le cas si elle a un bras en écharpe par exemple. Elle aura alors besoin d’aide pour réaliser les actes du quotidien et risque de ne pas récupérer l’intégralité de ses capacités motrices.

Cependant, au-delà des conséquences physiques, la chute a aussi de lourdes conséquences psychologiques. Si elle appréhende une nouvelle chute, la personne âgée risque de limiter très fortement ses mouvements, ce qui va freiner sa rééducation. De même, elle va réduire ses sorties, ce qui aura probablement des conséquences sur sa vie sociale et sur son moral. À terme, ces facteurs peuvent accélérer la perte d’autonomie, voire la dépendance.