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[Etude] « Nouveaux seniors, nouveaux besoins ? »

Il naît aujourd'hui plus de seniors que de bébés. Cette situation tout à fait inédite s'explique par la conjonction de trois facteurs clés : une natalité en berne, un allongement significatif de l'espérance de vie et l'arrivée à des âges avancés de la génération des baby-boomers. Dans ce contexte démographique de vieillissement sans précédent, le groupe Oui Care, n°1 des services à la personne, a lancé une étude inédite auprès des baby-boomers (54-74 ans) et de leurs enfants (30-50 ans) afin de mieux comprendre les attentes et les besoins de cette nouvelle génération de seniors.

La conscience de vieillir est davantage liée aux grandes étapes de la vie

Pour 77 % des baby-boomers et 63 % des enfants de baby-boomers, le décès d’un proche ou d’une personne de son entourage est le premier élément déclencheur dans la prise de conscience de son vieillissement.

Les grandes transitions familiales sont également déterminantes dans cette prise de conscience. En effet, pour 56 % des baby-boomers, le deuxième événement de vie marquant est le départ des enfants du domicile, tandis que pour la moitié des enfants de baby-boomers, il s’agit du départ à la retraite des parents.

Les baby-boomers ont une vision plutôt positive de l’avancée en âge

Près de neuf baby-boomers sur dix déclarent bien vivre et assumer leur âge, malgré la perception de certaines limites présente chez 42 % d’entre eux.

Pour cette nouvelle génération de seniors, vieillir c’est avant tout profiter de son temps (91 %) et transmettre son expérience aux générations futures (87 %), bien avant le fait de devenir dépendant des autres (30 %) ou de devoir quitter son logement pour aller vivre dans un établissement adapté (21 %).

Si les baby-boomers se situent dans une perspective positive d’amélioration des conditions de vie en vieillissant, les enfants de baby-boomers sont, à l’inverse, beaucoup plus inquiets face à l’avenir : 62 % d’entre eux ne se projettent pas au-delà de 5 ans (contre 48 % pour les baby-boomers). La remise en question du système actuel des retraites et les catastrophes naturelles annoncées alimentent cette incertitude qui semble caractériser ces générations qui ont grandi avec une succession de crises.

La perte d’autonomie : une préoccupation pour les baby-boomers ?

87 % des baby-boomers déclarent penser au fait qu’un jour ils pourraient devenir dépendants ; 40 % indiquent même y penser souvent.

Leur principale crainte en vieillissant est de « perdre leurs capacités mentales » (76 %), davantage encore que de « ne plus pouvoir se déplacer » (49 %) ou de « perdre la mémoire » (44 %).

Si 78 % des baby-boomers s’accordent globalement sur le fait qu’il est préférable d’anticiper les choses en matière de vieillesse, le risque réel de dépendance semble comme maintenu à distance de soi. En effet, un tiers des baby-boomers interrogés refuseraient de financer une aide professionnelle à domicile juste parce qu’ils ne veulent pas penser à cette éventualité.

Les postes de dépense dans l’éventualité d’une perte d’autonomie

Lorsqu’on demande aux baby-boomers ce qu’ils seraient prêts à financer pour anticiper une éventuelle perte d’autonomie, ils privilégient deux conduites plutôt antinomiques : ils sont plus de huit sur dix à déclarer vouloir « conserver en cas d’imprévus » et utiliser leur patrimoine financier « pour s’offrir un confort de vie au quotidien », bien avant la « transmission à ses descendants » (69 %) et « l’aménagement de son domicile pour y vivre le plus longtemps possible » (65 %).

Les enfants de baby-boomers seraient eux-aussi partagés entre ces deux types de conduites à l’égard de leur patrimoine financier à quelques nuances près. Au confort se rajoute la notion « d’épanouissement personnel » pour 76 % d’entre eux (contre 62 % des baby-boomers) et 75 % seraient également prêts à investir pour disposer de compléments de ressources (contre 49 % des baby-boomers).

Des baby-boomers soucieux de ne pas dépendre de leurs enfants

Les baby-boomers plébiscitent largement le soutien de professionnels extérieurs plutôt que le soutien des enfants en cas de perte d’autonomie, car ils considèrent que ce n’est pas le rôle des enfants de prendre en charge leurs parents dépendants. « Être une charge pour les personnes de son entourage » est d’ailleurs la seconde source de préoccupation liée au fait de vieillir pour 45 % des baby-boomers.

Par ailleurs, si 80 % des baby-boomers interrogés déclarent être prêts à financer eux-mêmes une aide professionnelle à domicile en cas de dépendance, ils ne sont que 14 % à être assurés d’en avoir les moyens financiers. Plus globalement, ils considèrent que l’assistance aux personnes âgées les plus fragiles relève avant tout de la solidarité collective. En effet, ils plaident largement en faveur d’un système assistanciel, lequel serait financé par l’état et le collectif plutôt que par les individus eux-mêmes.

‣‣‣ Consulter l’intégralité de l’étude Oui Care « Nouveaux seniors, nouveaux besoins ? »

Rédigé par Silver alliance

Publié le 8 novembre 2019